Montpellier, capitale des retraités ?

9 09 2012

Samedi 21 juillet, 23 h, derrière la gare Saint-Roch. Le barbecue organisé par des ingénieurs et infirmières montpelliérains a rameuté quelques 30 personnes dans un petit jardin privé. L’ambiance est bon enfant avec ce supplément d’âme que l’on doit aux convives étrangers. On se sent bien, la plupart des voisins est partie en vacances. Le poste de radio diffuse C2C, le groupe du moment. On sonne à la porte. Les flics !

68 euros d’amende pour tapage avec la clémence des forces de l’ordre, « parce que normalement c’est 450 euros « .  Scène hallucinante mais désormais quotidienne dans cette ville de 250 000 habitants dont un sur quatre est étudiant et qui vient de faire du « calme » un enjeu politique de l’été, campagne d’affichage à l’appui. Le symbole de ce silence est un clown en recueillement. Mais qui représente-t-il au juste ?  L’imbécile qui sommeille en chacun de nous ?

campagne publicitaire mai 2006                  campagne publicitaire été 2012

Le soleil s’est définitivement couché sur Montpellier !

Les épiceries de nuit condamnées au silence entre 2h et 6h du mat, les parcs fermés et plongés dans la pénombre, la place Saint-Roch « nettoyée » tous les soirs, voilà que les flics s’invitent désormais dans les soirées privées. Même à 21h30 un samedi soir de mai. Même pour un concert Gumguts ! Gumguts, vous savez cette association qui a 300 adhérents, une quinzaine de bénévoles et qui aide les groupes de musique actuelle à devenir professionnels grâce à la vidéo.  « Du moment qu’un seul riverain nous appelle on intervient !« , justifie cet agent de l’ordre pour le moins zélé. La musique c’est bien connu, ça menace l’ordre public.

Dire que la municipalité vantait il y a cinq ans encore « la ville où le soleil ne se couche jamais » ! Montpellier se voyait alors comme la Barcelone française. C’était l’endroit idéal pour faire ses études tout en s’amusant. A l’époque, la campagne de pub estivale nous promettait « mille et une vies ».

Depuis l’eau a coulé sous les ponts. Souvenez-vous du dernier carnaval des gueux où les CRS ont chargé les participants à 23h. Et que dire de la dernière fête de la musique… A 1 h du mat tout était plié ou presque. Làs ! Les élus municipaux font tout pour transformer la cité languedocienne en un havre de paix pour retraités et autres bobos parisiens. Une nouvelle Aix-en-Provence, voilà ce qu’ils rêvent de faire de Montpellier. Exit les jeunes du centre ville et du Peyrou, exit les terrasses de bars, exit les salles de concerts qui tentent de faire subsister une vie culturelle indépendante ! Place aux rendements immobiliers.

C’est bizarre tout de même, cette mairie socialiste qui décide de faire une politique « anti-jeune ». Alors même que François Hollande a fait de la jeunesse la priorité  de son quinquennat…. Mais peut-être qu’à Montpellier les politiciens se disent qu’en faisant une politique de droite, ils ne risquent pas de voir cette dernière prendre la mairie en 2014.

A voir… A Sète, cet été, le maire UMP a interdit la soirée électro United sur la plage (finalement déplacé à la Dune à la Grande-Motte) et a déplacé l’after de Fiesta Sète en centre-ville, histoire de ne pas gêner les riches propriétaires de villas sur le Lido.

Un problème d’identité…

Montpellier est une ville-girouette. Tout change, tout bouge d’une année sur l’autre ; à l’image de tous ces habitants qui quittent la cité chaque année pour trouver du travail ailleurs. Ce sont autant de gens qui ne s’investissent pas dans le long-terme, qui ne pèsent pas sur les grandes décisions de la ville. Ce n’est malheureusement pas un article du New-York Times qui forge une identité. Pas plus que des quartiers sortis de terre pour aller on ne sait où… Ce ne sont que des coquilles vides.

Hormis la parenthèse du foot l’an dernier, Montpellier est uniquement connu en France pour être une ville d’étudiants. Il y a bien en la matière une continuité avec la fac de médecine des débuts. Or, cette identité est en train d’être passée à la moulinette. Et ce ne sont pas les grandes manifestations décidées d’en haut qui vont masquer cette triste réalité. Plutôt que de dire à la population comment elle doit se divertir, on ferait mieux de la laisser développer elle-même ses initiatives. C’est en cela qu’il doit y avoir une rupture avec la politique des années Frêche. Montpellier doit arrêter de faire dans le gigantesque et le démesuré pour s’intéresser davantage aux acteurs de son territoire. Ceux qui irriguent ses veines au quotidien. Ceux qui créent du lien social. Ceux qui oeuvrent pour la culture.

En voulant transformer radicalement son identité – où sont passés les musiciens gitans de la place Candolle ?- Montpellier tourne le dos à sa jeunesse, handicapant lourdement son avenir.





Entre glockenspiel et violons…

19 05 2012

Ce qu’il y a de bien avec les beaux textes c’est qu’ils ouvrent en grand les portes de notre imaginaire. 150 Révolutions est de ceux-là. Un texte profondément poétique dans la lignée d’un autre morceau incontournable de Chozpareï : traits blancs. Le dialogue entre le glockenspiel et les violons ajoutent à la beauté de ce titre qui figure sur le nouvel album « Laissons-les à terre ».

Esteban Martinez : chant, violon, guitare acoustique, scie musicale
Colin Durand : basse, contrebasse, guitare
Grégory Bonfillon : saxophone, clarinette, flûte traversière, bouzouki
Jean-Baptiste Pene : accordéon, choeurs
Vincent Tana : guitare électrique, basse, ukulélé, choeurs
Loïc Massini : batterie, glockenspiel

Clara Del campo : violon
Mathias Lahiani : violon

Son : Manu Bonn
Régie : Yann Rigollot
Lumiere : David Favier

Cadrage vidéo :
Vincent Bonneaud
Barbora Belohlava
Dorris Haron Kasco
François Revouy

Montage/Post-Prod :
Vincent Bonneaud
François Revouy

http://www.myspace.com/chozpareï

http://chozparei.free.fr/





Soutenez Gumguts, devenez adhérant !

27 09 2010

Engagé en faveur de la création artistique émergente, Gumguts poursuit son travail de l’ombre entrepris en 2009. Avec l’intention de se renouveler et d’innover. Cela passe par l’acquisition de nouveau matériel pour améliorer la qualité de nos vidéos et par l’évolution des contenus. Ainsi, dès le mois prochain, nous vous proposerons davantage de live acoustiques mais aussi de nouvelles émissions et plein d’autres surprises… Vous appréciez notre action ? vous souhaitez nous soutenir ? Adhérez à l’association !

Envoyez un chèque de 5 euros à l’ordre de l’association Gumguts à l’adresse suivante :

Association Gumguts
La Musardière BAT A2
43, avenue du professeur Grasset
34090 Montpellier

Merci de votre soutien !





Vent de folk au Baloard…

24 09 2010

Intégrer dans le cadre des « Internationales de la guitare », la deuxième édition du festival « Indie Folk » va souffler un vent d’air frais au Baloard ce 24 septembre. Autour des minimalistes Côme + Nerk, on retrouvera le multi-instrumentiste Kid Francescoli (clip de One moment ci-dessous), la découverte de la rentrée Zebowka, et les convertis au rock Chozpareï, dont le quatrième album « Chemise sur le râteau » – en cours d’enregistrement – est promis à un bel avenir.

François

Kid Francescoli et Chozpareï, les deux têtes d’affiche du festival « Indie Folk #2 »

http://www.myspace.com/kidfrancescoli
http://www.myspace.com/comenerk
http://www.myspace.com/chozparei
http://www.myspace.com/zebowka

Indie Folk #2 – 24 septembre
Le Baloard – 20h / 5 €





Nu-jazz à la campagne…

22 04 2010

La bâtisse du Soul Sun Studio (entièrement graffée par TDM) a repris sa programmation estivale à Villeneuve-les-Maguelone. Les « Dimanches en Salade » sont devenus une référence pour tous les amateurs de groove ; Nada Roots, Blue Eyes, Scotch & Sofa s’y sont déjà produits. C’est Swaï qui ouvre cette nouvelle saison, pour une prestation qui oscille entre nu-jazz, expérimental et électro. Bien calé dans notre canap au milieu des champs, le farniente nous tend les bras… bercé par la bonne zic.


Reportage : François

http://www.myspace.com/nuswai
http://www.myspace.com/100limit

A venir : Soulmate le 9 mai, Benoit Ramos le 23 mai et Sylwia&Co le 6 juin





Le Subsonic veut sortir du brouillard…

14 03 2010

Après six années de procès intenté par un couple de voisins pour nuisance sonore, le Subsonic a perdu en appel. Lieu emblématique de la culture rock à Montpellier, le Subsonic avait dû suspendre ses activités de concerts depuis plusieurs années. Pourtant le bureau d’hygiène sonore de la ville était venu faire des mesures et n’avait rien révélé d’alarmant. Pourtant l’expert que l’association Lola Product – qui gère le Subsonic- avait engagé n’avait rien décelé non plus. Seul l’expert judiciaire mandaté par le tribunal a relevé un bruit supérieur de 3 décibels au bruit ambiant (lors des concerts). Une notion très vague que ce bruit ambiant défini par la loi… Et sujet à caution. Le Subsonic dont l’activité principale – les studios de répétitions- n’est pas remise en cause, compte bien se pourvoir en cassation. « Des vices de forme sont apparues dans la procédure » , prévient Sylvie Martin de Lola Product.

Bail de fait ?
Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, le bail de neuf ans du Subsonic est arrivé à terme en février 2010. Le propriétaire n’a pas renouvelé le bail, « mais il continue de prélever le loyer » , poursuit Sylvie Martin. Un bail de fait ? Le dossier est sur le bureau de l’avocat. En attendant d’y voir plus clair, le Subsonic peut compter sur la pétition qu’il a mis en ligne pour défendre la culture rock à Montpellier. Comme sur les groupes locaux qui se bousculent au portillon pour répéter en centre-ville. Même la mairie y va de son soutient en aidant les festivals de l’association (Exotica Rock Night, Subsonica Open Air). Des raisons d’espérer une sortie du brouillard ?

reportage : François

Pour signer la pétition :
http://www.lolaproduct.com/
http://www.myspace.com/lesubsonic