L’art du remix…

24 01 2010

Plasticien d’origine sétoise, Christian Dell’Ova construit des tableaux et des caissons à partir de flyers musicaux, de bouts de tissus, de céramiques, d’objets à priori banals. Il superpose les couches jusqu’à saturation (5-6 parfois) et mélange les matières. Ce qui l’intéresse ? « Perturber la vision, brouiller la lecture ». A bien y regarder, une harmonie se dégage de ses « remixes ». Elle provient d’un code couleur (rouge ou vert), du style des flyers (rock ou funky), des matières ajoutées (céramique ou tissu). Aucune oeuvre ne ressemble à une autre. « Je travaille comme un chercheur. L’idée de série construit une recherche permanente ». En brouillant nos repères visuels, il ouvre les portes de notre imaginaire… à l’image de ce frigo-boîte de nuit !

L’expo « REMIX » est à voir au Baloard jusqu’au 30 janvier

Reportage : François
bande-son : 1000Dreams Maxime Dangles Remix

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Sous les bombes, Barry McGee !

28 12 2009

Un graffeur de San Francisco, une cinéaste parisienne qui a longtemps vécu à Sète et un dessinateur de presse roumain. Voilà les artistes qui nous ont le plus marqués à la Sucrière, dans le cadre de la Xe Biennale d’Art contemporain de Lyon.

Le Street art version McGee
Pour Barry McGee, « le spectacle du quotidien », c’est d’abord celui de la rue et du graffiti. Impressionnantes camionnettes renversées et alignées qui imposent d’emblée leur masse métallique avant de révéler leur face graffée et colorée ! On rêve d’une rétrospective McGee à Sète, au MIAM, dans la lignée de l’excellente exposition « l’Art modeste sous les bombes » de 2007.


Barry McGEE, Vue d’ensemble, 2009 © Blaise Adilon

Une plasticienne nommée Varda
Présentées seules, les cabanes d’Agnès Varda n’auraient pas la même force poétique. Ici, on glisse avec bonheur de la Cabane de plage – qui est aussi une cabine de projection pour son oeuvre :  » La Mer Méditerranée, avec deux r et un n, entre Sète et Agde « – à la Cabane aux portraits, qui présente soixante clichés d’hommes et de femmes photographiés à Noirmoutier, en passant par la Cabane de cinéma entièrement recouverte de pellicules 35 mm de son film « Les Créatures » avec Michel Piccoli et Catherine Deneuve. Magnifique installation qui nous abrite et nous invite à rêver… de cinéma.


Agnès VARDA, La Cabane de l’Echec devenue la Cabane de Cinéma, 2006 © Blaise Adilon

L’humour noir de Perjovschi
Pour le reste, on retiendra surtout les textes rouges du Chinois Tsang Kinwah qui s’écoulent sur les murs à la manière d’un torrent ; le Planetarium portable et éphémère de Sarah Sze qui n’est pas sans évoquer les Meccano magiques de notre enfance et enfin les dessins mordants et jubilatoires tracés à la craie sur le mur noir par le roumain Dan Perjovschi.


Dan Perjovschi, The Everyday Drawing, 2009 © Blaise Adilon

Et le trouble dans tout ça ?
Mais au final on regrettera d’être plus souvent spectateur que véritablement acteur des oeuvres présentées. D’ailleurs tout le dilemme de la Biennale d’art contemporain est là : faire aussi bien que l’édition 2005. « L’expérience de la durée » avait littéralement bousculé nos perceptions sensorielles. Quatre ans après, on est encore imprégné des installations de Martin Creed, Ann Veronica Janssens et Spencer Tunick. Et l’on est toujours sous le choc de « Flying Rats » de Kader Atia. La prochaine Biennale de Lyon devra tenter de nous les faire oublier.

reportage : François

Xe Biennale de Lyon
Le Spectacle du quotidien
jusqu’au 3 janvier 2010
http://www.biennaledelyon.com





Petit Pépé Noël…

24 12 2009

L’année se termine en fanfare pour Gumguts avec un dernier reportage aux Beaux-Arts. Comme chaque année depuis qu’il a ouvert « Chez Pépé« , Ezzedine a convié tout le quartier à participer à son marché de Noël. Dans son resto, on croise de vrais artistes montpelliérains qui vendent leurs oeuvres et qui sont avides de rencontres. L’occasion idéale d’acheter un cadeau original qui a une histoire. Du coup, on en profite pour partager un verre de vin chaud et échanger quelques marrons… cuits à point. Pour ceux qui craignent vraiment le froid, Les Judas se chargent de réchauffer l’atmosphère au son du « Passenger » d’Iggy Pop. Même les bébés apprécient le punk maintenant !? C’est peut-être ça la magie de Noël…

reportage : François

http://www.myspace.com/lesjudas





Soulié le contemplatif…

8 12 2009

Combien de fois en passant boulevard du jeu de Paume votre regard a-t-il été happé par une oeuvre d’art dans la vitrine Hambursin-Boisanté ? Une fois, dix fois, trente fois peut-être ? A chaque fois ! Car les propriétaires de cette galerie privée ont un goût sûr. L’exposition de ce mois de décembre ne déroge pas à la règle. Dream Catcher, c’est le récit de voyage aux Etats-Unis de Tony Soulié. En quinze « photopeintures », l’artiste parisien nous raconte son périple aux Etats-Unis entre la côte Est et L’Arizona. Inutile de chercher un message dans la référence aux Dream Catchers, ces objets amérindiens censés attraper nos rêves. La seule interrogation de Tony Soulié est celle de l’homme face à son environnement, qu’il s’agisse d’une mégapole ou d’un désert. Le reste est affaire de cadrage et de recouvrement par une palette de couleur abstraite. Le résultat est une oeuvre sensible et sans mièvrerie. Résolument moderne.

François

Jusqu’au 28 décembre
galerie Hambursin-Boisanté
15, Bd du jeu de Paume-Montpellier

http://www.galeriehambursinboisante.com





Yes they paint !

3 12 2009

En choisissant d’exposer trois jeunes diplômés de l’école des Beaux-Arts de Nîmes, Jean-Paul Guarino entend bien montrer qu’un nouveau courant est en train de naître dans la peinture. Un courant qui se permet toutes les hybridations comme dans les toiles de Mika Perez. A propos de son travail, Julia Scalbert explique : « le regard du spectateur doit en quelque sorte « traverser » la peinture pour identifier l’objet« . Chez cette génération l’artefact laisse la place à plus d’émotion : « Si mes productions semblent naïves et cruelles, mon travail serait comme un rire nerveux, décrypte Sonia Foulc (…) La peinture anime quelque chose d’une vitalité, d’une respiration, d’une tension, autant d’idées qui s’apparentent à une présence, à un être-là« . Pour Jean-Paul Guarino, cette (r)évolution de la manière de peindre est aussi importante que l’élection de Barack Obama à la Maison Blanche.

Yes We Paint
Jusqu’au 19 décembre
Vasistas galerie, Montpellier

reportage : Gwen, Maël

http://www.vasistas.org