Shoote-moi le monde !

14 09 2009

Autant le dire tout de suite, le monde est moche. Vraiment moche. Encore plus moche lorsqu’il est photographié par des reporters de talent. Mais c’est l’essence même du festival international du photojournalisme de Perpignan : montrer le monde tel qu’il est. Deux travaux nous ont particulièrement marqués cette année.

La force du regard
Prix du jeune reporter de la ville de Perpignan, Massimo Berruti nous montre un Pakistan méconnu. Celui de la transition démocratique en 2008. Avec un sens du cadrage époustouflant, il suit les juges et avocats impliqués dans ce processus. Dans la rue, il nous amène au plus près de la population pachtoune qui, au milieu du chaos, refuse de céder à la peur des Talibans. Du Noir&Blanc pour l’Histoire…


Rawalpindi, février 2008. Réunion de magistrats dans les locaux de l’Association du Barreau avant le départ d’un rallye.
© Massimo Berruti / Agence VU / Représenté en Italie par Grazia Neri

Pas besoin d’aller dans un pays en guerre pour capturer la force d’un regard. Pendant cinq ans, Brenda Ann Keanneally a accompagné le passage à la majorité de six jeunes femmes de la ville de Troy dans le Nord de l’Etat de New-York. Upstate girls, ou le quotidien miséreux des femmes de la classe ouvrière américaine. Edifiant.

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Terry dans sa chambre au YWCA de Troy, New York.
© Brenda Ann Kenneally / Prix Canon de la Femme Photojournaliste décerné par l’AFJ (lauréate 2008)

Tous les clichés présentés à Visa pour l’image ne sont pas tristes ou graves. On citera l’humour de Viktor Drachev quand il photographie le quotidien des habitants de Minsk au Bélarus, la nostalgie de Stanley Greene pour le San Franscico « sexe, drogue et rock’n roll » des 70’s, l’espoir de Callie Shell qui suit la campagne de Barack Obama en coulisses ou encore le sentiment de plénitude qui semble étreinte Steve McCurry devant ses Instants privilégiés.

Davantage de jeunes photojournalistes
Quelle que soit la force de tous ces clichés, les photojournalistes ont de plus en plus de difficulté à faire publier leur travaux. « Avant les magazines étaient tenus par des journalistes, insiste Jean-François Leroy, directeur du festival. Maintenant ils le sont par des banquiers qui ne s’intéressent qu’à la rentabilité. La mort du photojournalisme ? Pas forcément : Je suis très fier de constater que Visa reste le rendez-vous des jeunes photojournalistes. Cette année nous avons accrédité 40% de jeunes en plus. Dans un contexte difficile, où certains médias sont occupés à vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola, c’est encourageant.  »

La 21ème édition du festival international du photojournalisme de Perpignan a fermé ses portes au grand public dimanche 13 septembre, mais elle reste ouverte aux scolaires une semaine de plus.

Reportage : François

http://www.visapourlimage.com

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